8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 07:17

 

Chez nous, peut-être plus qu'ailleurs, l'enjeu majeur de l'élection locale de mars 2026 n'est pas l'élection municipale. C'est l'élection métropolitaine. Mais celle-ci est dépendante de celle-là. Ce sont des candidats pour être conseillers municipaux spécifiquement signalés (« fléchés ») sur les bulletins de vote qui seront aussi conseillers métropolitains s'ils sont élus.

 

Pourquoi est-ce donc un enjeu majeur ? D'une part du fait des importants champs de compétences transférés des communes aux intercommunalités depuis 2018 ( * ), et d'autre part parce qu'un vent mauvais souffle sur la métropole toulonnaise et le Var depuis quelques temps. Si, par malheur, les Toulonnais, dont les élus sont les plus nombreux, presque majoritaires à eux seuls, au conseil de TPM faisaient un choix dans le sens de ce vent, il ne faudrait pas que les électeurs d'autres grandes et moyennes communes de notre aire urbaine fassent le même car ça assurerait une majorité métropolitaine qui ne réserverait rien de bon au territoire ( * * ).

 

C'est pourquoi je me permets de donner à lire un texte de la Gauche démocratique et sociale (GDS), vieux réseau de militants politiques de gauche dont les figures historiques s'impliquent aujourd'hui au sein de L'APRÈS, autre outil démocratique, bien plus récent, de réflexion, d’analyse et d’élaboration stratégique au service de l’unité de la gauche et des écologistes.

 

  

Donc, voilà ce texte qui date certes de quelques mois mais me semble encore d'actualité, dans lequel je me suis autorisé à souligner quelques passages...

 

« Pour les villes à gagner ou regagner par la gauche, l’unité et la démocratie sont bien les seules orientations à promouvoir. En 2020, les listes qualifiées souvent de citoyennes, solidaires, écologiques et démocratiques, mais soutenues par les partis locaux, ont connu le succès. Le “Printemps marseillais” en reste un exemple emblématique malgré la résistance des appareils à l’unité.

 

« Le rassemblement doit donc être sans exclusive vis-à-vis de quelque composante que ce soit. Les collectifs citoyens ne peuvent se réduire à une unité partielle. La recherche du soutien de tous les partis et mouvements politiques commence dès maintenant !

 

« L’adoption d’un projet commun prendra un peu de temps. La désignation d’une liste commune et surtout d’une tête de liste peuvent susciter des désaccords. Ceux-ci ne peuvent être tranchés par des états-majors, aussi clairvoyants fussent-ils. Il devrait revenir aux collectifs de décider. Cela peut se faire (...) par un vote citoyen à définir au consensus. Respecter et mettre en œuvre cette démarche peut et doit créer une dynamique, un engouement de nature à balayer les listes de droite et d’extrême-droite. »

 

 

Dans un contexte local où la droite pourrait bien être une fois de plus très divisée et où la gauche fait à peu près jeu égal avec elle, c'est à cette dernière qu'incombe la responsabilité de porter les espérances des citoyens qui s'inquiètent de se prendre une bourrasque de ce vent mauvais en pleine figure.

 

C'est pourquoi, comme la GDS, je continue à plaider pour un rassemblement « sans exclusive » de tous ceux qui adhèreraient à un projet social et écologiste pour la commune et l'intercommunalité. Et c'est pourquoi aussi j'avais trouvé intéressante l'idée, elle aussi promue par la GDS, d'un « vote citoyen », c'est-à-dire d'une sorte d'élection primaire, qui avait été proposée il y a quelques mois.

 

 

Je conclurai en livrant une autre expression, celle-là commune à la GDS et à L'APRÉS, lors de la fusion des deux mouvements au début de l'année ( *** ) : « Pour gagner, l’union de la gauche et des écologistes est incontournable, mais elle n’est pas suffisante. » 

 

C'est ce qu'ont depuis longtemps compris et appliqué beaucoup de maires, notamment communistes, depuis la Libération, entre autres à La Seyne. C'est ce que font, aujourd'hui, des maires ou candidats communistes, socialistes et écologistes : à eux, à leurs partis, voire avec leurs sympathisants, de construire un projet, et à d'autres partis, mouvements et citoyens adhérant à ce projet, de renforcer et diversifier les équipes. C'est vrai dans des petites et grandes communes comme Allonnes, Épinay-sous-Sénart, La Garde, Lyon, Romans, Thiers, Vierzon ou Villeurbanne.

 

Certains disent qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais la météo n'annonce pas que le souffle du vent mauvais va faiblir. Et les aiguilles de l'horloge tournent.

 

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( * ) : J'ai précisé ces compétences désormais exercées par l'intercommunalité dans un précédent article de ce blog : « Et on parle là du développement économique, du tourisme, du déploiement du numérique, de la formation, de l'innovation, de l'enseignement supérieur et la recherche, de l'urbanisme et l'aménagement du territoire, de l'habitat et du logement, de la rénovation urbaine et l'accompagnement social des habitants des quartiers prioritaires, des voiries et espaces publics, des réseaux d'eau et d'assainissement, des mobilités et de l'accessibilité aux personnes handicapées, des ports, des plages et des littoraux, des espaces naturels et parcs urbains, d'équipements sportifs et culturels comme, pour La Seyne, la Villa Tamaris Pacha et le Conservatoire de musique, etc. Bref, de tout ce qui est structurant pour le territoire. »

 

( * * ) : Une récente réforme a fixé à 89 le nombre de conseillers métropolitains pour 2026 (contre 81 aujourd'hui) suivant la répartition par communes ci-dessous. La majorité absolue est donc de 45. Si le vent mauvais emporte Toulon, ses représentants auront 31 à 32 sièges à TPM. Il suffirait que deux des cinq autres plus importantes communes subissent la même tornade pour que l'extrême droite soit majoritaire à la métropole.

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( *** ) : C'est une fusion opérée fin janvier 2025 entre les deux mouvements, la GDS conservant toutefois sa spécificité, dont son magazine mensuel "Démocratie & socialisme", un peu comme l'intégration du Mouvement républicain et citoyen (MRC) au parti auquel j'appartiens, la Gauche républicaine et socialiste (GRS), lors de sa création en 2019.

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