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Comme tous les six ans. à l'approche de l'élection municipale, la rengaine du « non au béton » enfle. Mais la ritournelle de la « priorité à la rénovation du centre-ville » monte autant en puissance. Il faudrait savoir ! Ça n'en a pas l'air, mais les deux refrains sont antinomiques.
L'instrument majeur, pour ne pas dire unique, de la rénovation urbaine du centre historique de La Seyne est le nouveau programme national de rénovation urbaine, le NPNRU, porté par la Métropole. Et son volet principal est l'habitat, ne serait-ce que parce que l'État le fait majoritairement financer par Action Logement, qui est l'organisme collecteur de la contribution des employeurs à l'effort de construction pour les salariés, et qui, en retour, impose évidemment la production d'habitats.
C'est pour ça que le NPNRU de La Seyne est ambitieux en ce domaine. Mais cette ambition est conditionnée par la loi à la création de logements... hors des périmètres du centre ancien et de Berthe.
L'OBLIGATION DE CONSTRUIRE AILLEURS QU'EN CENTRE-VILLE
Depuis 2019, il est prévu neuf importantes opérations de restructuration, par îlots, ceux qui sont colorés sur la carte illustrant cet article. Ça représente 245 logements, dont une partie doivent être réhabilités et une centaine, non vacants, doivent être démolis et reconstruits ( * ). Au terme du programme qui a tardé à se concrétiser du fait des tergiversations de la municipalité qui a voulu renégocier le projet et a fait perdre quatre ans ( ** ) et qui va s'étaler sur de nombreuses années, ce seront 316 logements, d'une surface moyenne de 60 m2, qui seront reconstitués dans le centre-ville. Mais la condition légale, résultant de la volonté nationale de mixité sociale, est que 70 autres logements soient proposés aux habitants actuels du vieux centre dans des quartiers autres que ceux, classés prioritaires, bénéficiant des programmes de rénovation urbaine, c'est-à-dire Berthe et le centre-ville.
Il faut donc construire ailleurs, au-delà même de l'obligation règlementaire, ne serait-ce que pour reloger ceux dont les logements vont être détruits puis rebâtis, et pour disposer d'appartements-relais pour ceux dont les logements vont bénéficier d'une "simple réhabilitation" supposant qu'ils soient provisoirement vides d'occupants.
C'est pourquoi étaient prévues des opérations immobilières intégrant une part raisonnable de logement social de divers "niveaux", entre autres à Saint-Jean (ancienne école Eugénie-Cotton), à Costechaude, à Moneiret (ancien dépôt des cars Étoile), à Bois Sacré, ou à La Muraillette (Altavilla... j'y reviendrai prochainement). Certaines ont été abandonnées sur la demande de la Ville cédant à la pression de riverains. D'autres ont été réduites comme à Bois Sacré où, sans l'implication des élus de gauche et de certains de l'opposition de droite, l'obstination de l'ancienne maire à vouloir tout empêcher par dogmatisme a failli coûter très cher à la commune. D'autres sont en attente, repoussées, ou placées sous l'éteignoir pour d'obscures raisons.
ON NE PEUT PROMETTRE LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE
Qu'on se le dise, sans nouvelles constructions dans divers quartiers, on ne pourra pas rénover le bâti d'habitation du centre ville. Or, sans cette rénovation, on ne pourra pas attirer des familles qui, sans être nanties, disposeront d'un certain pouvoir d'achat. Et, sans cette diversification sociale, même si on profite des restaurations des étages pour requalifier les rez-de-chaussée, par exemple pour disposer de surfaces commerciales plus vastes que les échoppes d'aujourd'hui afin d'attirer des enseignes dynamisantes, on ne pourra pas relancer la vie économique. On aura beau essayer de nouvelles stratégies de mobilités, d'animations culturelles, ludiques et commerciales, de décoration et dynamisation du cadre de vie et des équipements publics, de prévention et répression des incivilités et faits de délinquance, on n'agira pas sur le fond.
Ceux qui promettront pour 2026 le beurre d'un centre ancien rénové et l'argent du beurre d'un arrêt des constructions d'habitats seront des inconséquents. Ce sont ceux qui, conscients des difficultés et des réticences, mais se refusant à la démagogie et croyant à l'échange citoyen productif de solutions, feront vivre autour de ces enjeux une démarche réelle de démocratie de proximité, qui permettront d'avancer sans tricher dans la concertation. Ces derniers, c'est généralement parmi les gens des gauches, de l'écologie et des humanismes qu'on les trouve.
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( * ) : Dans le dossier de convention du NPNRU, il est précisé que le terme "démolition" « ne doit pas s’entendre comme la destruction complète des bâtiments concernés. En effet, la réhabilitation lourde des bâtiments, dont le coût de construction est identique à une construction neuve, est désignée comme une démolition-reconstruction. Néanmoins sur la plupart des îots du Centre ville il est impératif de conserver l’enveloppe et la façade des bâtiments existants. »
( ** ) : La Ville a voulu renégocier la convention NPNRU avec l'État, pour renoncer à la création d'un centre social à l'école des Beaux-Arts (et en prévoir un, illusoire, dans les locaux rabougris de l'ancien centre médico-social), à la reconstruction de l'ancienne crèche Josette-Vincent (pour s'en tenir à une micro-crèche d'une dizaine de places), à la relocalisation de la médiathèque projetée en face de la poste (pour la construire à la place de la crèche) et à l'abandon du projet d'aménagement urbain de l'îlot Calmette et Guérin. Ça a été long. Mais il existe d'autres raisons : la Métropole a mis beaucoup de temps pour formaliser le choix et les modalités d'intervention de la société chargée des opérations et les négociations avec l'ANRU, ici comme ailleurs en France, sont longues et difficiles pour les modalités de financement des acquisitions/reventes d'immeubles.
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