18 décembre 2025 4 18 /12 /décembre /2025 04:01

 

Ou bien ils assument de mentir. Ou bien ils sont inaptes à l'exercice de la fonction à laquelle ils aspirent. Une communication de M. Muñoz, conseiller municipal et candidat d'extrême-droite à l'élection municipale, sur un réseau social à propos du projet de redynamisation du centre-ville de La Seyne, laisse pantois.

 

Il est complètement erroné de faire croire que le projet de rénovation urbaine de notre cœur historique seynois aurait été construit par la Métropole sans la mairie de La Seyne et, a fortiori, sans les Seynoises et les Seynois. Et, puisque ni la Métropole ni la municipalité ne semblent motivées par le fait de mettre les points sur les « i » face à une telle contrevérité, il faut bien que quelqu'un s'en charge...

 

 

L'IMPLICATION DES HABITANTS, OBLIGATION LÉGALE

 

M. Muñoz, l'auteur du message inexact, siège au conseil municipal de La Seyne depuis six ans. Sauf s'il ne s'intéresse que de loin à la vie seynoise, s'en tenant à faire acte de présence aux réunions de l'assemblée communale, il ne peut ignorer le dispositif mis en place par la commune et la métropole pour associer les habitants, les usagers, les associations et acteurs économiques et sociaux du centre-ville, et plus largement l'ensemble des Seynoises et Seynois, à la conception, à l'élaboration et au suivi de la mise en œuvre du "nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU) dont bénéficie notre centre ancien. C'est d'ailleurs la loi qui l'impose ( * ) et un professionnel de la législation comme lui, collaborateur parlementaire d'une députée du Lot-et-Garonne, le sait forcément.

 

 

NON, LA MÉTROPOLE NE DÉPOSSÈDE PAS LA SEYNE DE SON AVENIR

 

Maire au moment de la définition du projet, je suis allé au-delà des impératifs légaux de participation des gens à la préparation du programme, en imposant – sans difficulté – à la Métropole et l’Etat la présence d'habitants dans les instances décisionnaires officielles, avec voix délibérative au même titre que les institutions. Aujourd'hui, même si la majorité municipale, peu encline à faire vivre la démocratie de proximité, a laissé s'endormir les conseils de quartiers et conseils citoyens, on s'en tient au minimum règlementaire de concertation, mais on s'y tient. Des contacts actifs de concertation ont eu lieu avec l’aide d’associations reconnues. Quelques réunions publiques se sont tenues, sur l'habitat, les espaces et équipements publics, les commerces et services, même s'il est regrettable que trop d'avis citoyens ont été ignorés par la maire démissionnée et que cette dernière a privilégié les "grand'messes" avec de l'information "descendante" à sens unique, sans possibilité d'échange ni de proposition, à l'instar d'une mémorable réunion publique de près d'une heure et demie en 2022 au casino Joa. Mais c'est bien à La Seyne, et non à Toulon, à Paris, à Tonneins ou ailleurs, avec les Seynoises et Seynois et leurs élus, que ça s'est déroulé. Si M. Muñoz ne vit pas suffisamment La Seyne pour savoir tout ça, il faut le lui apprendre. Oui, même s'il est possible et souhaitable de faire bien mieux que ce que la droite fait, il est mensonger de dire à propos du NPNRU que « La Seyne est dépossédée de son avenir ».

 

 

POUR LE CENTRE-VILLE, LE RN N'A ÉMIS QU'UN VOTE FAVORABLE SUR ONZE...

 

Il ne peut non plus avoir échappé à cet élu que les décisions formelles relatives au NPNRU sont prises par le conseil municipal et non par la Métropole. Cette dernière et les organismes publics dûment mandatés sont chargés de leurs mises en œuvre. Et c'est à La Seyne, et nulle part ailleurs, que les orientations sont fixées. À ce propos, depuis le début du mandat, pas moins de onze délibérations relatives à la requalification de notre quartier historique ont été soumises au conseil municipal. Les élus du Rassemblement National (RN) ont ainsi largement eu la possibilité de faire connaître leurs points de vue.

 

Ils n'ont d'ailleurs voté favorablement que pour une seule de ces délibérations, celle relative à une demande de subvention pour le projet de médiathèque. Ils ont voté contre ou se sont abstenus sur les dix autres ( ** ). Ça illustre le peu d'intérêt qu'ils portent à la rénovation du cœur de ville, cet enjeu majeur pour La Seyne et pour les plus humbles de ses habitants...

 

 

LEUR VISION, C'EST LA FRACTURE URBAINE, PAS "LA SEYNE POUR TOUS" QU'ILS AFFICHENT

 

Mais ça ne devrait étonner personne. Au RN, on ne cesse de clamer qu'on est contre la politique de la ville et donc la rénovation urbaine des quartiers populaires fragiles, contre les moyens financiers qui y sont engagés, contre les efforts de lutte contre la ségrégation sociale et urbaine. Derrière sa façade populiste qui trompe trop de ceux qui sont dans la détresse sociale et économique, l'extrême-droite ne fait aucun cas des classes populaires et moyennes.

 

Les votes de ses députés sont éloquents. Pour ne citer que quelques-uns de leurs choix les plus récents, ils n'ont pas voté le plafonnement des marges de la grande distribution sur les denrées alimentaires, la progressivité de l'impôt sur les revenus, la pérennité de la contribution sur les hauts revenus, l'aide financière aux filières agricoles bio en difficulté, l'élargissement de l'assiette de la taxe sur les transactions financières, l'augmentation du SMIC à 1500 euros, mais ils ont en revanche voté pour supprimer les avantages fiscaux des intermittents du spectacle, ou moduler l'assurance chômage en fonction de la conjoncture économique. Comme ailleurs dans le Monde, l'extrême-droite, c'est le mépris de classe et la part belle faite aux nantis.

 

Seynoises et Seynois, méfions-nous. Quand on use du boniment dans une campagne électorale, après avoir clamé "Assez d'intox, place au sérieux", les crédules doivent s'attendre au pire. Ne croyons pas ceux qui nous disent qu'ils veulent « une ville qui rassemble », « remettre l'intérêt général au centre », et que, pour eux, « La Seyne d'abord [leur slogan], c'est La Seyne pour tous ». Non, ici comme au plan de la Nation, les faits et les votes le prouvent, le RN, c'est la fracture sociale, la division, le rejet. Tellement loin des valeurs républicaines d'égalité et de solidarité qu'on peut faire vivre à l'échelle d'une commune. Et en particulier de son cœur de ville, qu'on rêve en carrefour des quartiers, des générations et des classes sociales.

 

Évidemment, face à l’inquiétude que peut susciter une approche faussée par des inexactitudes, un projet ambitieux et réaliste porté par une équipe rassemblée des gauches, des écologistes, des humanistes et des régionalistes, largement ouverte et toutes sensibilités confondues, constituerait une alternative utile. Ça se fait ailleurs. Ça a existé ici dans un passé pas si lointain. Pour peu qu’on renonce aux exclusives, qu’on se garde des postures fondées sur des egos, et qu’on respecte une méthode d’échange et de décision collective, c est tout à fait jouable.

 

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( * ) : Un article de la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, dite "loi Lamy", fixe les modalités obligatoires de la participation des habitants, notamment au travers du conseil citoyen composé de personnes tirées au sort (voir ICI)

 

( ** ) : Les votes au conseil municipal des deux élus RN sur les enjeux du centre-ville depuis 2020...

– 21/12/2021 : Convention avec l'Établissement foncier régional (EPF) pour des immeubles à rénover : ABSTENTION

– 14/03/2022 : Convention avec la Métropole et l'ANRU sur l'ensemble du programme de rénovation : ABSTENTION

– 14/03/2022 : Bilan des acquisitions par l'EPF pour des immeubles à rénover : ABSTENTION

– 20/09/2023 : Réhabilitation d'immeubles rue d'Alsace : CONTRE

– 18/01/2024 : Acquisitions d'immeubles pour rénovation : ABSTENTION

– 06/03/2025 : Opérations de rénovation du bâti : CONTRE

– 06/03/2025 : Opérations de rénovation de l'habitat : ABSTENTION

– 28/03/2025 : Acquisitions et cessions pour production de logements rénovés : ABSTENTION

– 12/06/2025 : Nouvelle médiathèque du centre-ville : POUR

– 30/09/2025 : Convention avec l'EPF pour l'habitat : CONTRE

– 30/09/2025 : Convention pour une nouvelle opération programmée d'amélioration de l'habitat - renouvellement urbain : ABSTENTION

 

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