28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 06:50

mv_deportes.jpgAprès l'intervention de Marie Bouchez, représentant Michel Vauzelle, président de la région Provence Alpes Côte d'Azur, lors de la cérémonie de commémoration de la libération des camps de déportés, ça a été à mon tour d'essayer de tirer de cette terrible phase de l'histoire de l'humanité quelques enseignements pour le présent et l'avenir...

« Notre monde demeure hanté par le souvenir de ce qui restera un crime d’une indicible horreur dont beaucoup de déportés, eux-mêmes, ont eu bien du mal à  parler.

« Il faut dire que rien n’avait été prévu pour les entendre, ni les écouter. Et, en effet, raconter était difficile, on n’entendait pas leurs récits, lorsqu’ils en faisaient, car ils étaient, littéralement, incroyables.

« Lorsqu’ils parvenaient à évoquer l’horreur, les déportés racontaient des choses effroyables ; et, pour les proches qui les aimaient, c’était insupportable.

« Et ça l’est toujours, soixante-six ans après.

« Aujourd’hui, notre devoir est d’entretenir le souvenir conscient de la longue chaîne des évènements qui conduisirent des esprits ordinaires à se pervertir et à imaginer devoir mettre en œuvre avec méthode « die Endlösung », une « solution finale » qui dépasse notre humanité et qui nous fige, encore, dans l’horreur et la douleur.

« Vous comprenez que cette cérémonie recèle un appel impérieux à la préservation des mémoires.

« Nous sommes là, bien sûr, pour dénoncer autant l’idéologie des nazis que la faiblesse des nations qui les laissèrent agir dès 1933.

deportes_2011_2.jpg« Mais aussi pour nous prévenir d’apprentis sorciers qui, sciemment pour d’extrémistes populistes, ou imprudemment pour d’autres, cultivent dangereusement un terreau qui fleure trop celui des années 30, par des déclarations ou de débats mal gérés qui, trop souvent, dérapent d’identité nationale ou de laïcité vers des liens étranges entre islam, immigration ou insécurité, par des amalgames où on compare la prière dans la rue à une « occupation », ou par des propos où on clame que « la France doit rester la France ». Comme si elle était menacée…

« Oui, gardons-nous de jouer avec le feu en banalisant des mots et des postures qui, il y a quelques années, auraient été unanimement condamnés.

« Car tout cela résonne trop avec « À bas le Juif » « Gardez-vous de l’Anti-France » ou « Dehors, les métèques », qu’on entendait lorsque l’antisémitisme commençait à s’afficher.

« On stigmatise aujourd’hui les immigrés et les musulmans. Le 30 mars, le journal « Le Monde » publiait une tribune de la Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme et du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, avec le soutien du grand rabbin de France ; je cite :

« Ceux qui parlent de l’islamisation de la France sont guidés par la même obsession xénophobe que ceux qui dénonçaient la judaïsation de notre pays dans les années 1930. »

« Alors, oui, parlons de la laïcité, mais surtout... « parlons et agissons laïque » !

« Pour ne plus entretenir les ferments qui ont nourri les idées folles ayant légitimé l’internement et l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants pour leurs idées politiques, leurs orientations sexuelles, leurs croyances, leurs origines nationales ou ethniques, leurs choix de vie et de culture, leurs handicaps, nous devons dire, avec force et conviction, que la France laïque, c’est la liberté de conscience, la liberté de penser et d’exprimer des opinions, y compris bien sûr religieuses.

« Nous devons dire que la France laïque impose la séparation des pouvoirs et la démocratie.

« Nous devons dire que la France laïque laisse les dieux dans les foyers et qu’elle met les citoyens à l’école.

« Nous devons le dire. Et le vivre et le faire vivre. Chez nous, en Europe, et dans le Monde.

« Souvenez-vous, au sortir de la guerre, l'espérance résidait dans un projet collectif. Or on est passé de l’espoir, issu du Conseil National de la Résistance, d’une société préoccupée de tous, dans la volonté de vivre ensemble, à un ordre – façon de parler - du chacun pour soi et de la peur de l’autre.

« Alors, oui, cette cérémonie annuelle est utile. Il faut associer l’unité et la diversité dans un nouveau projet de vivre avec nos différences.

« Alors, oui, dans notre société inquiète, nous avons besoin de repères, de stabilité, et de vision.

« Et, oui, les déportés nous ont appris que la vie c’est aussi la stupeur d’avoir traversé la nuit. « N’oubliez jamais, ont-ils dit, surmontez vos peurs ; ces peurs qui nous empêchent de vivre bien ».

« Oui, il nous faut échapper aux brumes de la nuit. Nous le devons à nos enfants. Et nous ne le ferons que tous ensemble. Et riches, et forts, et beaux de nos différences".

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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Marc VUILLEMOT

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