21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 07:04

 

Cet été sera sûrement propice à la finalisation par les futurs candidats à l'élection municipale et métropolitaine de mars 2026 des actions et projets d'investissements utiles à notre territoire qu'ils proposeront après la rentrée d'automne à nos concitoyens.

 

Il faut craindre que, sauf à jouer les bonimenteurs de foire, ça ne fasse pas rêver. La situation des finances communales seynoises, confirmée par le dernier rapport financier présenté au conseil municipal, est très préoccupante, laissant déjà peu de marges de manœuvre. J'invite à (re)lire l'analyse que j'en ai faite il y a quelques semaines. Mais il y a bien pire. Si les annonces budgétaires du Premier ministre pour 2026 inquiètent les particuliers, sauf les super-nantis qui se frottent les mains, elles font aussi trembler les maires et présidents d'intercommunalités en place qui envisagent de rempiler et elles devraient contraindre les candidats à une extrême modération pour leurs programmes. Qu'ils opèrent des choix et se gardent de proposer l'impossible. Et qu'ils montrent aux électeurs qu'ils seront combatifs pour défendre leurs territoires contre les agressions budgétaires du gouvernement.

 

 

Les annonces pour le projet de loi de finances 2026 sont en effet effrayantes pour les collectivités locales. M. Bayrou ment lorsqu'il annonce une nouvelle coupe sombre de 5,3 milliards d'euros pour les communes, intercommunalités, départements et régions. C'est en réalité presque le double qui nous pend au nez.

 

 

LE GOUVERNEMENT NOUS ENFUME DÉJÀ, IL VA CONTINUER

 

L'État utilise délibérément des termes techniques et des conditionnels pour que le maire, et a fortiori le citoyen, ne voient pas venir l'agression. Par exemple, on nous a dit en 2025 que « le DILICO n'impacterait pas les communes éligibles à la DSU ». On avait compris que ce DIspositif de LIssage conjoncturel des recettes fiscales des COllectivités, c'est-à-dire un prélèvement par l'État d'un milliard d'euros sur les recettes des impôts locaux, était, comme son nom l'indique, “conjoncturel”, donc exceptionnel et limité à 2025, d'autant qu'il était annoncé que cette ponction serait, au moins pour partie, redistribuée l'année suivante. Et que les communes pauvres, comme La Seyne, bénéficiant de la Dotation de Solidarité Urbaine, cette fameuse DSU, en seraient exonérées. Deux mensonges ! D'une part, non seulement rien ne sera remboursé en 2026, mais le DILICO sera reconduit et son prélèvement « renforcé », aux alentours d'un milliard supplémentaire. Et, d'autre part, seules 280 des 826 communes éligibles à la DSU – les plus pauvres parmi les plus miséreuses, dont heureusement La Seyne – ont été exonérées.

 

À ce braquage en règle, s'ajoutent d'autres hold-up légaux : une coupe de 200 millions d'euros pour les dotations d’investissement, pourtant vitales pour le dynamisme de nos territoires, un nouvel écrêtement de la TVA qui était supposée venir en compensation des impôts locaux supprimés, et un nouveau prélèvement d'un milliard et demi d'euros pour alimenter la caisse de retraite des agents des collectivités.

 

 

CE QUE LE GOUVERNEMENT N'ANNONCE PAS, MAIS QUI VA FAIRE MAL

 

Et il y a ce que le gouvernement n'annonce pas au titre de son projet de loi de finances. Ainsi, en supprimant des agences qui portent des programmes, comme je l'indiquais dans un précédent article de ce blog, il faudra que les collectivités dépensent pour assurer l'ingénierie locale à la place de l'État : ce sera le cas pour notre projet seynois de rénovation du centre ancien. Avec les coupes drastiques annoncées dans le budget de l’État sur des politiques publiques qu'il copilote avec les collectivités, comme le sport, la santé physique et mentale, la culture, la garde des jeunes enfants, les loisirs éducatifs, les missions des centres communaux d'action sociale, les droits des femmes et la lutte contre les violences intrafamiliales, la tarification sociale des cantines, etc, les collectivités devront mettre la main à la poche si elles veulent maintenir au même niveau les services publics sans faire payer les usagers, alors même que la pauvreté s'est accrue en un an comme jamais. Et on doit aussi s'inquiéter du non-renouvellement d’un tiers des fonctionnaires d'État, que les collectivités devront compenser pour maintenir les services publics, la sécurité, pourtant compétence régalienne de l'État, étant sûrement le meilleur exemple : ce n'est pas pour rien que le gouvernement veut élargir les missions des polices municipales, piège dans lequel il ne faut surtout pas tomber par démagogie et électoralisme quand on sait qu'un agent de police municipale, c'est un coût annuel moyen de 50.000 euros...

 

Tout ça mis bout à bout, le président du très officiel Comité des finances locales estime que « la facture réelle pour les collectivités pourrait facilement atteindre 8 à 10 milliards d'euros pour 2026, donc bien pire que cette année [2025] ». On est très largement au-dessus des 5,3 milliards d'euros qui résultent des calculs des annonces officielles.

 

 

ÉVALUER LES PROGRAMMES DES CANDIDATS, MAIS AUSSI LEUR COMBATIVITÉ POUR LA DÉFENSE DES SERVICES PUBLICS

 

Plutôt que se laisser endormir par des propositions chimériques de projets alléchants sur les futurs documents de campagne électorale en papier glacé, il faut souhaiter que les électeurs optent pour ceux des candidats qui, non seulement auront manifesté leur volonté de redresser les finances seynoises que l'équipe sortante a gravement dégradées, exposant les moyens concrets et réalistes d'y parvenir en faisant des choix douloureux mais indispensables dans des démarches de vraie démocratie locale participative, mais aussi qui s'engageront au soutien aux parlementaires qui vont se battre pour faire reculer le gouvernement sur ses choix budgétaires iniques, jusque, si nécessaire, à le censurer, et qui expliciteront dans leurs programmes les modalités combatives qu'ils envisagent, au local, pour défendre les droits de la population face à un État qui étrangle les communes et intercommunalités pour n'agir qu'au service des très riches toujours plus fortunés.

 

La majorité sortante, d'une docilité effarante face aux gouvernements macronistes démanteleurs des services publics et irrespectueux des lois de décentralisation, est complètement disqualifiée.

 

En revanche, je ne doute pas que les candidats des gauches et de l'écologie auront bien intégré ces quelques réflexions.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Finances - budget et impôts