2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 09:12

 

Dans un précédent article, je démontrais qu'affirmer dans la revue municipale seynoise que la gauche aurait été défaillante pour les investissements pour les écoles était une contrevérité parmi tant d'autres de la part de la majorité de droite locale. Le sujet s'est d'ailleurs invité à la dernière réunion du conseil municipal, avec son nouveau lot d'informations inexactes ou tronquées.

 

Non seulement la gauche n'a pas été défaillante, mais elle a su maintenir un niveau d'investissement significatif malgré le frein qu'elle a dû s'imposer pour la résorption engagée en 2010 de l'énorme endettement de la commune puis, de 2014 à 2018, une forte baisse continue des dotations de l'État imposée aux communes par les gouvernements Valls puis Cazeneuve qui se sont avérés n'avoir de socialistes que le nom...

 

 

LES RAISONS DES FREINS À L'INVESTISSEMENT SEYNOIS

 

On aura pu s'étonner de l'écart entre les budgets importants engagés pour les équipements scolaires par M. Paecht (2001-2008) et ceux de ses successeurs. Le graphique (voir ICI) publié dans mon précédent article les expose. Cette baisse s'explique par deux causes essentielles...

1°) l'impératif de freiner l'endettement que la Ville n'était plus en capacité de supporter ; or, faute d'une capacité d'autofinancement suffisante, pour investir, il faut emprunter ; et emprunter aurait encore aggravé l'encours de la dette ;

2°) les décisions des gouvernements de MM. Valls et Cazeneuve de la deuxième partie du quinquennat de M. Hollande (merci, les camarades !) qui ont proprement étranglé les collectivités locales avec des baisses drastiques de l'aide de l'État qu'est la dotation globale de fonctionnement (DGF) ; pour La Seyne, cette baisse, continue de 2014 à 2018, aura eu pour impact une perte cumulée de 11,4 millions d'euros.

 

 

DANS L'ADVERSITÉ, PRIORITÉ À LA CONTINUITÉ RÉPUBLICAINE ET AUX URGENCES

 

Et cette situation d'extrême difficulté n'a évidemment pas concerné seulement les autorisations de programme relatives aux équipements scolaires. Beaucoup d'investissements ont dû être ralentis ou revus à la baisse, d'autant que la Ville avait encore à gérer nombre de compétences qui ont été transférées en 2018 à la Métropole et dont mes successeurs n'ont plus la charge : voiries, places publiques, forêts, parcs urbains, espaces verts, ports, plages, réseaux d’eau, d’assainissement et de pluvial, rénovation urbaine, habitat, etc.

 

Le tableau ci-dessous (dont les données sont extraites des comptes administratifs publiés par la commune) expose dans le détail les diverses autorisations de programme en cours pendant mes deux mandats, certaines héritées de mon prédécesseur (parc de la Navale, rénovation de Berthe, cimetière de Camp Laurent, etc.) qu'il était normal de continuer et mener à bien, d'autres engagées sous mes mandats (cuisine centrale de restauration scolaire, rénovation de Baquet-Scaglia, etc.), dont certaines ont été poursuivies par ma successeure.

 

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RÉTABLISSEMENT DE VÉRITÉS ET EXPLICATIONS DE CONTEXTE

 

Il faut donc rétablir quelques vérités et apporter des explications de contexte, attestées par les comptes officiels de la commune :

1°) sous ma « mandature », la commune n'a pas consacré une moyenne annuelle « de 500 à 600 000 euros aux écoles », mais une moyenne de 2,2 millions d'euros par an sur les 12 ans (contre, pour l'instant, une moyenne de 1,85 million pour la municipalité actuelle) ;

2°) la baisse des dotations de l'État a causé une perte de 11,6 millions d'euros à la commune, l'obligeant à réduire la voilure de ses investissements à partir de 2014 ;

3°) malgré ces contraintes, la commune a mené à bien l'achèvement du Parc de la Navale (une moyenne de 430 k€ par an), le chantier du cimetière de Camp Laurent (une moyenne de 112 k€ par an), la restauration des équipements sportifs, dont Scaglia-Baquet et Léry (une moyenne de 721 k€ par an), les dernières réalisations de la rénovation du quartier Berthe, dont les créations de la médiathèque Chedid et de l'espace sportif jeunes Halimi et les rénovations des centres Tisot et Mandela (une moyenne de 1,4 M€ par an), et la rénovation des espaces et équipements publics du centre ancien (une moyenne de 1,4 M€ par an) ;

4°) la Ville, sous mes mandats, a consacré une moyenne de 6,3 M€ par an aux investissements des autorisations de programme ; la municipalité actuelle, malgré la reprise à la hausse, certes légère mais continue, des dotations de l'État depuis 2019, et l'économie de 600 000 euros annuels découlant de la fermeture du centre aquatique Aquasud, n'a engagé qu'une moyenne de 2,8 M€ (il faut dire que la gestion hasardeuse entraîne une épargne en chute et une capacité structurelle d'autofinancement de plus en plus dégradée, donc une frilosité pour les investissements...).

 

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LES ÉLUS DE TOUTES SENSIBILITÉS ET LA POPULATION DOIVENT SAVOIR

 

Il est désolant de devoir contredire, éléments factuels à l'appui, des affirmations écrites dans un magazine municipal distribué dans tous les foyers de la commune ou annoncées en séance publique du conseil municipal, donc largement reprises par la presse locale. Ça l'est d'autant plus en période pré-électorale où l'objectivité devrait être de rigueur pour la sérénité du débat et l'égalité entre les diverses sensibilités politiques, les équipes sortantes disposant des moyens officiels de communication.

 

Pourquoi, dans un souci de transparence et de mise au même niveau d'information, le maire ne prendrait-il pas l'initiative de réunir l'ensemble du conseil municipal autour des cadres territoriaux compétents qui, soumis à une obligation de neutralité, pourraient exposer de façon objective les données financières de la Ville ? Et pourquoi ne pas le faire, comme je m'y appliquais chaque année, lors de rencontres publiques annuelles proposées à notre population ?

 

Nul n'a rien à craindre de la vérité...

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