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Plus c'est affirmé, plus ça paraît vrai. Dans la tribune de la majorité du maire dans le dernier numéro du magazine municipal "Vivre à La Seyne", le rédacteur se déchaine sur le thème d'un supposé défaut d'engagement financier en faveur de l'éducation scolaire de la part des équipes municipales des gauches et de l'écologie que j'ai animées de 2008 à 2020.
Je me suis d'abord dit que, l'attaque étant la meilleure défense, ce qui reste d'affidés à Mme Bicais, l'ancienne maire, avait choisi de détourner sur le passé l'attention des Seynois préoccupés par l'annonce du renoncement au projet de reconstruction des écoles Amable-Mabily et Jules-Verne que j'avais pourtant programmée pour 2020-2021. Mais, saisi d'un doute, j'ai voulu vérifier que, peut-être, avec le nouveau maire, M. Minniti, l'ère des boniments était derrière nous et que ce que j'avais lu dans cette tribune était avéré.
Les comptes municipaux sont publics. Et, hélas, ils démontrent que le temps des camelots champions des contrevérités n'est pas révolu.
UN BUDGET DOUBLÉ ? SUR UNE PETITE PARTIE DES INVESTISSEMENTS, C'EST VRAI
Lorsqu'on sort une information parcellaire de son contexte, on peut lui faire dire ce qu'on veut. Et, en effet, si l'on ne compare que le montant des travaux d'entretien et réparations réalisés dans les écoles seynoises depuis 2020, début de la gestion de la commune par la droite, aux dépenses de même nature réalisées par notre équipe entre 2014 et 2020, l'affirmation selon laquelle le « budget écoles » serait « plus que doublé par rapport au mandat précédent » n'est qu'une petite inexactitude. Le tableau ci-dessous (cliquez dessus pour l'agrandir) reprend les données des "autorisations de programme" consacrées à la scolarité depuis vingt ans.
Et ces données en attestent : là où l'équipe de notre second mandat a engagé pour 2,4 millions d'euros, l'actuelle municipalité a investi 4,2 millions d'euros. Pas « plus du double » comme affirmé, mais presque le double (précisément + 75 %). Dont acte.
MAIS, SI ON COMPARE VRAIMENT TOUS LES INVESTISSEMENTS, ÇA CHANGE LA DONNE
Mais, car il y a un "mais", l'implication d'une commune pour l'éducation scolaire ne se mesure pas aux seuls travaux d'entretien des écoles. Depuis vingt ans, cinq autres "autorisations de programme" ont directement concerné la vie scolaire des enfants seynois : les constructions de nouveaux établissements, les opérations de réhabilitation, les cours d'écoles, les équipements de confection des repas des cantines, et les restaurants scolaires. Et là, la vérité parcellaire avancée par l'auteur de la tribune perd de sa crédibilité.
Pour comparer ce qui est comparable, on doit considérer :
1°) l'ensemble des dépenses liées à une mission publique, certaines étant réparties sur plus d'un mandat (c'est le cas, par exemple, de la construction de l'école-relais Jacques-Derrida, dont l'initiative est à mettre à l'actif de mon prédécesseur M. Paecht, mais payée au cours de son mandat et du premier des miens) ;
2°) le fait que, lorsqu'on réalise une opération structurante au cours d'un mandat, il n'y aura pas besoin de recommencer au cours du mandat suivant (c'est le cas, par exemple, de la réalisation de la cuisine centrale de restauration scolaire pendant mon premier mandat : on n'aura pas besoin d'en construire une autre au cours des décennies suivantes) ;
3°) le fait qu'il serait malhonnête de comparer les montants dépensés au cours d'un mandat de six ans aux dépenses engagées au cours des seules quatre premières années d'un autre (c'est le cas, par exemple, des seules années 2021 à 2024 du mandat de Mme Bicais).
LA RÉALITÉ, C'EST QUE LA MAJORITÉ ACTUELLE CONSACRE EN MOYENNE CHAQUE ANNÉE AUX ÉCOLES UN TIERS DE MOINS QUE L'A FAIT LA GAUCHE
Si, ce qui est plus juste qu'un instantané, on considère la moyenne annuelle des dépenses de l'ensemble des six "autorisations de programme" concernant les écoles, on a une vue globale et objective de l'investissement de chaque équipe municipale. Et là, pour les écoles, la réalité est différente de celle affirmée dans la tribune du magazine municipal.
Si la palme revient à M. Paecht, qui a engagé une moyenne annuelle de 5,9 millions d'euros pour les équipements scolaires (mais ça a contribué à faire croître la dette communale de près de 57 %, comme exposé dans un précédent article), Mme Bicais et M. Minniti ont engagé en moyenne 1,85 million d'euros chaque année, tandis que les équipes de gauche que j'animais ont dépensé une moyenne de 2,2 millions d'euros par an. On est très loin de la situation décrite dans la tribune. C'est même presque l'inverse : 35 % de moins chaque année par rapport au mandat précédent.
ET L'EFFORT N'EST PAS LE MÊME QUAND C'EST BYZANCE OU QUAND ON RAME
Pour être totalement dans le vrai, on devrait en outre situer les dépenses liées aux écoles au regard de l'ensemble des investissements d'une période, de l'évolution de la situation financière de la commune, et du contexte politique national dans lequel les gouvernements placent les collectivités locales. J'y consacrerai un tout prochain article.
Mais d'ores et déjà, rien que les données objectives issues des comptes officiels de la commune démontrent le caractère habilement biaisé de l'annonce faite par la majorité municipale dans sa tribune.
Mais je ne doute nullement du fait que M. Minniti et ses derniers conseillers municipaux fidèles apporteront les précisions nécessaires dans une prochaine publication...
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