Mardi dernier, huit heures de réunion du conseil municipal de La Seyne ! J'applique la loi sans que cela ne constitue une contrainte pour moi, au contraire : tout conseiller municipal a le droit de s'exprimer, et le temps qui lui est nécessaire. Si, dans l'enceinte solennelle de l'assemblée communale, sous les regards croisés de Marianne, qui incarne de son buste de terre cuite nos institutions plus que bicentenaires issues du Siècle des Lumières, du Président de la République, dont la photographie officielle reflète la temporalité de la précédente, et surtout de mes concitoyens qui prennent de leur temps pour occuper, studieux et intéressés, les bancs du public, il devait être question de chronométrer, réguler, ou modérer la parole des élus, nous perdrions un peu de ce qui fait la France républicaine.
Et, au conseil municipal de La Seyne, si on y doit évoquer chaque mois, ou presque, les dizaines de sujets, petits et grands, qui touchent à la gestion communale, et prendre des décisions, il n'y est pas interdit non plus de nous décaler un peu pour aborder d'autres thématiques plus générales. C'est ce que nous faisons, presque à chaque fin de séance, en soumettant au vote des vœux ou des motions qui dépassent les enjeux locaux.
Ce mardi, il y en avait trois, de ces motions, que j'ai toutes votées après les débats d'usage. Celle que j'ai moi-même proposée, de demander au gouvernement et aux parlementaires de ramener à un taux réduit la TVA concernant le logement social, qui a d'ailleurs été votée à l'unanimité. Celle, proposée par le groupe des élus communistes, appelant à ce que le Parlement ne traduise pas en l'état dans la Loi les accords intervenus entre syndicats minoritaires et patronat sur la flexibilité du travail, que j'ai déjà évoquée dans mon blog, qui a obtenu une majorité de voix. Tout comme celle, proposée par Marcel Barbero, élu de la minorité municipale de droite, appelant au soutien au Président de la République quant à l'intervention française au Mali, et à nos troupes républicaines engagées là-bas, sous la réserve, acceptée par son auteur, que, dans le texte proposé, le terme "nos valeurs" qu'il contenait soit remplacé par "les valeurs qui fondent la Déclaration universelle des droits de l'Homme et constituent le socle de l'Organisation des Nations Unies".
Un peu d'échanges républicains, fussent-ils empreints du caractère désuet des débats de la vieille IIIème République, ça n'a jamais fait de mal à personne. Surtout pas par les temps qui courent.
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