6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 07:17

Si je devais choisir, pour forer une cloison, entre une chignole manuelle à vilebrequin et une perceuse à vibrations forcées par un système piézoélectrique de dernière génération, fût-elle au stade expérimental, est-ce que j'opterais pour la première ? C'est bien toute la question que de plus en plus d'électeurs de gauche et écologistes me disent se poser. Et je les pressens de plus en plus nombreux dans les prochains jours si les sondages confirment la décrue constante des intentions de vote en faveur du candidat désigné par la primaire citoyenne du PS et de ses partenaires, Benoît Hamon.

Avec l'ascension concomitante de Jean-Luc Mélenchon dans les mêmes sondages, il est clair qu'on est dans une logique de vases communicants. Les futurs électeurs répondent manifestement aux sondeurs qu'ils veulent utiliser l'outil qui leur semble le plus performant pour fiabiliser et mieux maîtriser leurs opérations de perçage. Et ils vont vanter leur machine à leurs voisins, et les campagnes publicitaires vont faire le reste. La chignole de mon grand-père sera remisée au fond de l'atelier.

 

LE CHANTIER SABOTÉ SANS QUE LE CONTREMAÎTRE N'INTERVIENNE

Ce n'est pas la faute à Benoît Hamon. Trop de socialistes, et pas des moindres, ont clairement grippé la manivelle de son vilebrequin en prenant parti pour un arbre simple primitif mis en rotation entre les paumes des mains, Emmanuel Macron, qui réussit le tour de force de donner à croire qu'il est le plus moderne. Les hésitations de l'entreprise PS et du chef de chantier Jean-Christophe Cambadélis à rappeler les consignes de travail ont fait le reste. Les plus modérés des électeurs de la gauche et de l'écologie ont déjà succombé aux sirènes de l'outil antique se donnant des airs de "Révolution" (titre de son ouvrage), et en tous cas surfant sur la vague de l'apparente meilleure garantie contre Le Pen. Chez ceux qui doutent de la faisabilité d'une majorité "ni de droite, ni de gauche", les plus réalistes quant aux chances de l'unité, et pas forcément les plus radicaux, considérant qu'il y a un candidat de trop, semblent opter pour l'instrument de forage leur paraissant le plus à même de trouer la paroi nous séparant du second tour.

Dès lors, si l'on veut avoir une chance de réussir la percée, la question de l'unité de la gauche et des écologistes, pour laquelle je plaide depuis des années, va se poser en d'autres termes qu'il y a peu, ne serait-ce qu'un mois en arrière. Benoît Hamon caracolait en tête des deux candidats, porté par un projet clairement ancré à gauche et porteur d'espérance écologique, validé par une majorité nette issue de la primaire citoyenne. Il était fondé à être le pôle de l'indispensable rassemblement. Même s'il n'aurait peut-être pas dû, pour donner des gages aux plus modérés, remplacer par une mèche à bois son foret du revenu universel d'existence renforcé au tungstène proposé lors de la primaire.

 

ET SI LA CLOISON SE MUAIT EN MURAILLE INFRANCHISSABLE ?

Dans les prochains jours, si d'aventure moins de 10% des personnes interrogées déclaraient durablement aux sondeurs vouloir accorder leur confiance à notre candidat tandis que celui de la France insoumise dépasserait celui de la droite, je gage qu'on me demandera encore plus fréquemment si la question de la polarité de la gauche et de l'écologie ne devrait pas être réétudiée.

En réfléchissant à cela, je sais que je dresse un constat d'échec prématuré dangereusement démobilisateur pour mes camarades socialistes, nos militants, nos sympathisants et les deux millions d'électeurs de la primaire citoyenne, et peut-être destructeur pour notre parti. Mais je ne fais que rapporter à la réunion de chantier ce que j'entends chaque jour un peu plus de ceux de mes concitoyens qui l'observent depuis la palissade. Et qui craignent que la cloison qui les sépare d'un avenir désirable ne se transforme en muraille de béton banché derrière lequel le pire de l'extrême-droite pourrait survenir sans qu'ils n'y puissent rien.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale

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