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« Soustraire l’eau à toute accaparation financière et favoriser une appropriation citoyenne. L’enjeu n’est pas uniquement tarifaire, mais aussi de lever l’opacité en confiant aux usagers un droit de regard légitime. » C'étaient là les objectifs que nous assignions, en 2016, à la démarche que j'avais confiée à l'un de nos élus communistes, M. Teisseire, tels qu'il les exposait à la presse et au comité des usagers de l'eau, en vue de tenter de remunicipaliser le service de l'adduction de l'eau.
Quand on a aucune ressource en eau sur sa commune ( * ), l'exercice n'est pas simple. On est pourtant parvenu à un moyen terme, moyennement satisfaisant ou moyennement regrettable, selon que l'on voie mi-plein ou mi-vide le verre... d'eau publique.
C'est pourquoi il est raisonnable d'envisager de franchir un nouveau cap vers le retour en régie publique de l'adduction d'eau. Et les gens des gauches, du régionalisme et de l'écologie n'ont pas tort, s'ils n'en font pas une promesse tant la réussite est incertaine, d'en envisager la mise en chantier.
C'est d'autant moins facile aujourd'hui que ce n'est plus la commune qui en assure la gestion, mais la Métropole. Cette dernière a joué le jeu en 2018 de laisser à chaque commune membre le choix de son mode de gestion, mais lui était-il possible de faire autrement, les contrats municipaux d'affermage, de concession ou de fourniture n'étant pas arrivés à leurs termes ?
UNE SOLUTION SEYNOISE INTERMÉDIAIRE
Le dispositif imaginé pour La Seyne était assez singulier, avec la création d'une SEMOP, "La Seynoise des Eaux". Souvenons-nous de l'explication donnée par M. Teisseire lors d'une réunion du conseil municipal, reprise par l'ancien journal en ligne Ouest-var.net :
« Pour Robert Teisseire, “l’eau n’est pas une marchandise”, le choix d’un partenariat privé/public, on l’a donc compris, n’est pas une adhésion politique. La Société d'Economie Mixte à OPération unique (SEMOP) a été retenue. Ce nouveau dispositif datant de 2014 consiste à créer avec un partenaire privé une société anonyme constituée de deux actionnaires. La mairie possédant 35% des actions, même si elle est minoritaire, garde un pouvoir de contrôle disposant d’une minorité de blocage. Le conseil d’administration sera présidé par un élu communautaire de La Seyne.
« Outre des objectifs techniques d’entretien du réseau, la mairie souhaite une baisse minimum du prix de l’eau pour l’usager de 10%. Elle veut un service client performant et l’implantation d’un local au centre-ville à côté des services publics pour un accès direct de l’usager au prestataire. Elle souhaite également mettre en place une tarification qui doit inciter à la réduction de la consommation et être socialement juste. Elle désire aussi garder le contrôle et la maîtrise de la structure. »
Et le journal rappelait aussi que, après le vote entérinant cette décision au cours de cette réunion du conseil municipal, je « ne perd[ais] pas espoir que, lors du transfert de compétence à la métropole ou à TPM, le retour au service public soit envisagé avec les onze autres communes. »
UN ENJEU DÉSORMAIS MÉTROPOLITAIN
À Toulon Provence Méditerranée, personne ne m'a jamais dit non, mais le chantier n'a pas pour autant été ouvert. Pourtant, à La Seyne, tous les objectifs ont été atteints, à commencer par la réduction d'environ 10 % du prix du mètre-cube pour les particuliers. C'est donc une démarche qu'il est possible de relancer. Mais la tâche sera ardue : la difficulté de la métropole à accéder à des crédits pour les investissements indispensables, la mobilisation de moyens humains avec la nécessaire réappropriation d’un savoir-faire que les agents ne possèdent plus, et une prise de risques financiers dangereuse pour les tarifs consentis aux usagers. Il resterait à convaincre les autres communes. Ça pourrait se faire avec l'appui des élus de Six-Fours qui est la seule des douze communes à gérer l'eau en régie publique. Mais c'est loin d'être gagné.
Alors, évidemment, si une majorité d'élus des gauches, du régionalisme et de l'écologie se dégageait à la Métropole, élisant un(e) président(e) d'une de leurs sensibilités, ce serait bien plus aisé d'enclencher la mécanique.
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( * ) : À La Seyne, nous ne pouvons compter que sur le Puits de Verlaque, aux Sablettes, qui est très loin de pouvoir répondre aux besoins de notre population.
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