16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 07:43

Difficile dilemme pour les maires des villes populaires, ayant des quartiers souvent labellisés « réseau d'éducation prioritaire » au regard des difficultés sociales et d'accès aux savoirs que rencontrent les enfants, et qui, naturellement, souhaitent que la promesse républicaine d'égalité se traduise par une durée de fermeture des écoles la plus courte possible pour que ne s'accroissent pas les écarts, mais qui, dans le même temps, craignent pour la santé de leurs jeunes concitoyens, de leurs familles, statistiquement attestés plutôt plus fragiles que d'autres, et des personnels scolaires – et donc la transmission du virus – si la réouverture, annoncée pour la mi-mai, ne pouvait s'effectuer dans des conditions parfaites de sécurité sanitaire.

 

Je suis de ceux-là, comme tous mes collègues de toutes les sensibilités politiques, de toutes les régions françaises, qui avons fait part de notre double inquiétude – et donc de notre double espérance de solutions – au gouvernement lors des points d'échange qu'une vingtaine d'entre nous avons, deux fois par semaine, avec le ministre de la Ville.

Nous sommes d'autant plus inquiets que ce sont souvent nos villes qui, budgétairement fragiles pour la plupart, ne peuvent, sans l'appui de l'État, des régions, des départements ou des intercommunalités, envisager d'acquérir un nombre suffisant de masques pour en doter l'ensemble de leurs habitants. Nous avons d'ailleurs adressé un courrier commun à l'État pour qu'il s'empare du sujet de cette inégalité patente, au-delà de la seule question scolaire, car les nombreuses initiatives pour fabriquer des protections, plus ou moins artisanales et aux normes, qui fleurissent dans nos communes, bien souvent exemplaires de solidarité, ne pourront suffire, même si, comme c'est le cas à La Seyne avec de nombreux citoyens, associations, fonctionnaires de notre service communal de lingerie, beaucoup sont à la tâche avec ardeur avec leurs ciseaux et machines à coudre.

Moi qui ne suis pas le dernier, lorsque c'est nécessaire, à déplorer les manquements des institutions, je dois reconnaître que, sur le sujet de la reprise des cours, notre parole semble entendue au plus haut niveau. Pour l'heure, au regard des retours que nous avons suite à l'expression de nos inquiétudes, j'invite les Seynois, à commencer par les parents d'élèves, à ne pas s'inquiéter inutilement : l'école, nous assure-t-on, ne reprendra que dès lors que les conditions de parfaite sécurité seront réunies.

Et, si ce n'est pas le 11 mai, ce sera plus tard, quitte à ce que, ainsi que l'a aussi annoncé l'État, le maximum d'activités de loisirs éducatifs et de rattrapage scolaire, d'abord pour les enfants le plus en retard scolaire, conduits par les enseignants volontaires, les mairies et les associations, soit déployé au cours des congés d'été si, bien sûr, tout est rentré dans l'ordre en matière de santé publique. Là encore, notre expérience, qui nous a valu d'être la seule commune du Var a obtenir le label de « cité éducative », sera mise à profit.

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Marc VUILLEMOT

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