18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 03:49

Nous avons ce samedi inauguré la dix-septième et dernière édition du festival de cirque contemporain "Un printemps dans les étoiles", qui avait succédé il y a deux ans à "Janvier dans les étoiles".

Effet collatéral, pour ne pas dire direct, des baisses des dotations de l'État aux collectivités et de ses propres crédits au ministère de la culture, les soutiens de la direction régionale des affaires culturelles et du conseil régional se sont étiolés année après année.

Et l'association "Théâtre Europe" a dû choisir, après plus de trente ans d'investissement dans le théâtre et l'activité circassienne, de renoncer à cette manifestation qui concourait à la renommée de La Seyne, tout en poursuivant une activité locale.

Le propos que j'ai tenu à cette occasion...

 

« Mesdames, Messieurs,

« Cette 17ème édition du festival, Janvier puis « Un printemps dans les étoiles », sera, sous cette forme, le dernier.

« J’aimerais pouvoir dire "le festival se meurt, vive le festival !" Las, ce vœu ne peut dépendre de ma seule décision car, pour filer la métaphore, Le roi est nu.

« Vous connaissez la situation financière de la ville, je n’y reviendrai pas, sauf pour vous dire que je suis plus que jamais combatif pour qu'elle s'en sorte, et que n'en déplaise aux Jocrisses, je suis et je reste à la manœuvre.

« Pour nous, l’accompagnement de cette manifestation a été un défi.

« D’abord une création ex nihilo en 1999 puis, après les succès, vînt la course aux financements, l’obtention, justifiée, du label pôle national et ses espoirs d’accompagnement par l’Etat… espoirs déçus.

« Enfin, la survie parce que les arbitrages ne sont pas favorables.

« Quelle est la part de coterie, de restrictions, de politique ? Nous ne le saurons pas.

Ce qui est sûr, et vous l’avez rappelé Mme la Présidente, c’est que la Ville a toujours, toujours, apporté son soutien. Ce n’est malheureusement pas suffisant, on le voit aujourd’hui.

« Rassurez-vous, le cirque contemporain, les activités circassiennes, resteront dans les préoccupations de la Ville. Sa poésie, le champ qu’il ouvre à toutes les formes de narration, musicales, chorégraphiques, scéniques, littéraires, restent l’espace singulier, circulaire ou frontal, où s’exprime et s’épanouit la création, distillant rêves, exploits, émotions et pensées réflexives.

« Ça, c’est pour le plus grand plaisir de tous, petits et grands. Mais pas seulement, les professionnels aiment à se retrouver et réfléchir à l’enrichissement de leur art. Ce festival portait cette réflexion en organisant tables rondes et séminaires.

« Alors, comment en est-on arrivé là ?

« L’argent ! Trivialement, l’argent manque. L’argent public en particulier, celui qui doit garantir la pluralité, la liberté, la création… il se dérobe.

« Pourtant, la richesse existe ; elle est bien mal répartie. Chacun devrait méditer ce qu’écrivait Francis Bacon, le philosophe du XVIe siècle, « l’argent, comme le fumier, ne fructifie que si on prend soin de le répandre ».

« Le peu qui reste dévolu à la culture est employé à contraindre, à circonvenir, à séduire. La culture n’est pas séduction mais encouragements, apprentissages, éducation.

« Connaître et savoir pour reconnaître et respecter. La culture, c’est l’entrée dans le domaine du sensible, des émotions. C’est l’altérité, la différence ; c’est la critique et la proposition, c’est bien pourquoi les dictatures la musellent et les extrémistes la détruisent, la dynamitent.

« Prenons garde, les restrictions sont l’actualité. Un monde s’éteint, celui des insouciances heureuses. Il est remplacé par celui des requêtes d’ordre et de sécurité. Le cirque est une allégorie réussie de la richesse du brassage des cultures, de la richesse du partage, il n’est de richesse que dans les hommes.

« Les consciences relèvent la perte générale de sens, nous allons mieux, plus loin, plus longtemps mais inquiets et tristes… et toujours plus repliés sur nous-mêmes.

« Je m’emploie à ce que cette tendance ne soit qu’une parenthèse à La Seyne.

« Pour l’heure, je regarde le présent et le festival qui s’ouvre et je me réjouis d’avoir, contre beaucoup, contribué à la tenue de cette manifestation laboratoire et libératoire.

« Beaucoup de festivals ont disparu ces deux dernières années partout en France, souvent sans tambours ni trompettes, hors saison.

« Nous prenons les devants,… Nous n’avons pas démérité, au contraire.

« C’est pourquoi en parlant de trompettes, j’embouche celles de la renommée pour remercier Théâtre Europe, salariés et bénévoles, pour leur engagement depuis 30 ans à La Seyne. Ils ont œuvré à élargir le champ des possibles, de l’action théâtrale et du cirque contemporains.

« Mes remerciements vont aussi aux agents communaux, qui se donnent avec cœur et talent, les services de la culture et de l’événementiel.

« Je remercie les artistes et le public, Seynois de toujours ou Seynois d’un jour, qui continue de croire que la culture n’est pas un bien de consommation ordinaire mais qu’elle est échanges entre vivants.

« Vive le spectacle vivant. Bon festival. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités

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Marc VUILLEMOT
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