20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 05:14

http://i1.trekearth.com/photos/5162/view_of_la_seyne-sur-mer_fr.jpgIl ne manque pas d'air, M. Lefèbvre, porte-parole de l'UMP, quand il dit, s'agissant des violences qui agitent ces jours-ci la banlieue grenobloise et en réponse à une proposition de l'Association des Grandes Villes de France d'organiser en septembre une conférence nationale sur la violence urbaine : "On n'a pas besoin de colloques, mais d'actions" !

Mais qu'ont-ils fait, en la matière, ses amis du gouvernement et de la majorité parlementaire ? Sinon avoir voté 17 lois depuis 2002 tout en supprimant la police de proximité, réduit de 9000 le nombre de policiers et de gendarmes, mis à mal le tissu associatif facteur de régulation du climat social, diminué les moyens des services de prévention de la délinquance, des actions d'insertion par l'économique, et des établissements scolaires des Zones d'Éducation Prioritaire...

Nous le savons bien, dans nos quartiers populaires seynois, combien est fragile l'équilibre de vie.

Les riverains des voies du futur transport en commun en site propre, à Berthe et au Prairial, où s'exercent, dans un vacarme permanent, des "fangios en herbe" sur des deux roues et des quads, ne comprennent pas que les forces de l'ordre ne puissent ou ne veuillent intervenir.

Ils ne comprennent pas que les squatteurs, s'introduisant par effraction dans les logements HLM en attente de location, ne puissent être délogés, alors que des milliers de foyers attendent patiemment, certains depuis près de 10 ans, que leur soit attribué un appartement.

Ils ne comprennent pas que l'on ne puisse obtenir de la force publique qu'elle ramène à la raison quelques petits groupes de personnes désoeuvrées qui, sous leurs fenêtres ou dans leurs cages d'escaliers, pourrissent leur tranquillité et les insultent quand ils les invitent au calme.

Ils ne comprennent pas de ne plus croiser les équipes de policiers de proximité qui arpentaient leurs cités, connaissaient les habitants, rassuraient, "faisaient la morale" à quelques individus un peu "limite", avertissaient, sanctionnaient s'il le fallait.

Ils ne comprennent pas que des associations organisatrices d'activités d'animation éducative, de soutien et d'accompagnement, d'aide à l'insertion vers l'emploi, offertes aux enfants, aux adolescents, aux jeunes, aux mamans, aux anciens, soient contraintes de mettre la clef sous la porte faute de financements publics.

Ils ne comprennent pas que le nombre d'éducateurs de rue de la prévention spécialisée de la délinquance soit en diminution, ni que les "tout petits" de deux ans ne puissent plus être scolarisés dans les écoles maternelles publiques.

Ils ne comprennent pas que, depuis le début de l'été, les renforts de police qui s'installent habituellement en saison estivale dans les cités littorales, et que j'ai réclamés à la préfecture qui a indiqué avoir pris en compte ma demande, ne soient, pour l'instant, que déployés sur les communes voisines de Six-Fours, Bandol ou Sanary.

Ils me demandent à quoi servent les pouvoirs de police dont dispose un maire, s'il n'a pas les moyens de les exercer.

Alors, oui, M. Lefèbvre a raison. Il faut des actions plutôt que des colloques. Mais qu'attendent-ils donc, ses collègues du gouvernement, pour s'y mettre ?

Nos quartiers populaires d'habitat social, notre centre ancien paupérisé, et même nos quartiers réputés plus paisibles, n'en peuvent plus d'attendre. À quoi sert la rénovation urbaine dans laquelle nous investissons tant de ressources publiques si la simple équité républicaine ne s'applique pas aux territoires victimes de la crise économique et sociale ?

Les parlotes, séminaires, colloques, conférences et autres symposiums ne sont pas ma tasse de thé. Mais je participerai à cette conférence sur le thème de la cohésion urbaine et sociale initiée par l'Association des Grandes Villes de France. Pour porter la parole de mon peuple seynois si délaissé, pour partager avec d'autres maires, des acteurs de la société civile et du monde de l'entreprise, nos inquiétudes et nos idées, et pour appeler d'une voix forte à un "Grenelle" de la sécurité publique.

Non, M. Lefèbvre, ça ne peut plus durer.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité

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Marc VUILLEMOT
Maire (PS) de La Seyne-sur-Mer
Vice-président de l'agglo de Toulon

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