10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:12

http://www.danilodemarco.it/website/wp-content/new_uploads/2011/08/001-armand-gatti291.jpgJ'ai inauguré ce samedi la Bibliothèque Théâtrale Armand Gatti au cœur de notre centre ancien. À l'issue de mon propos, que je vous livre ci-dessous, j'ai été interpellé - entre autres - par un jeune homme du quartier qui réclamait du boulot et moins de descentes de flics, par deux représentants des forains du marché communal qui se plaignent des choix municipaux conduisant, selon eux, à la mort inexorable de leur activité économique, par trois de mes concitoyens, plus très jeunes, qui m'ont adressé une vibrante supplique pour que leur petite nièce accède à un emploi, et par deux habitants qui n'en peuvent plus de la violence urbaine, en paroles comme en actes.

Fallait-il, dès lors, au regard de la dureté de la vie et des urgences sociales, que la puissance publique engage de vrais moyens pour une... bibliothèque théâtrale ?

J'ai souvent des moments de doute. Mais, là, si, il fallait le faire ! Mon propos du moment tente d'expliquer pourquoi...

Il y a, en apparence, un paradoxe à inaugurer une belle bâtisse, superbement rénovée, devant accueillir une compagnie théâtrale et surtout une bibliothèque de théâtre, en un centre ville où les difficultés sociales sont bien réelles, cuisantes, pour celles et ceux qui les vivent...

La vie de bien de nos concitoyens, ici et ailleurs, est dure, et cela n'a rien d'une fiction.

Paradoxe, donc (apparent, je le répète), qu'en dépit des difficultés financières d'une ville comme la nôtre, les chantiers et les réalisations jalonnent ces derniers mois et ces dernières années le développement de  ce cœur historique de La Seyne.

Je veux parler bien sûr de la place Bourradet, de la maison du patrimoine et de l'image, de la maison de l'habitat, de la rénovation, en cours, de l'îlot Martini...

Je veux parler d'un cœur de ville qui bat fort, puis qui ralentit, qui défaille parfois, sous les difficultés que j'évoquais à l'instant. Des commerces qui ferment, d'autres qui ouvrent, certains qui peinent, d'autres qui prospèrent...

Bref, un cœur de ville un peu à l'image de La Seyne avec tout à la fois ses cicatrices et ses atouts architecturaux et naturels, avec sa vie, son dynamisme, avec ses difficultés et ses avancées...

Un centre historique qui bat au rythme des fêtes de Noël bientôt, avec, pour la première fois depuis longtemps, un vrai marché de Noël. Les vendredi et samedi 23 et 24 décembre, toute la journée, de 8 heures à 17 heures, je vous y invite, je vous y incite...

Un cœur de ville qui l'an dernier a connu la réorganisation de son marché forain, ce qui a donné lieu à des animations... dont un spectacle de rue, d'ailleurs, drôle et un tantinet provocateur, avec la compagnie de Claudine Herrero... Tiens... du spectacle... vivant... Là aussi...

J'y reviendrai, bien sûr.

J'y reviendrai, mais auparavant je veux insister, pardonnez-moi de prendre quelques minutes pour le faire, mais je le dois bien à mes concitoyens : je veux insister sur les agressions dont les structures publiques sont victimes aujourd'hui.

Et lorsque j'évoque un paradoxe, je n'exagère en rien.

Oui, nous inaugurons là une belle œuvre collective, d'intérêt général. Mais au même moment, aujourd'hui comme jamais, les puissances de la finance ont emprise insupportable sur la République. Sur LES républiques, pourrait-on dire.

Jamais elles n'ont autant gouverné aux élus, donc aux peuples ; jamais, depuis les heures noires des  dictatures politiques en France et en Europe - et je pèse mes mots -, une dictature aussi implacable n'a soumis - ou tenté de soumettre - les forces de vie, les gens, vous et moi, les habitants de cette planète, de ce continent, de ce pays, de cette ville, de ce quartier !

Il faut tout de même que vous le sachiez, Mesdames, Messieurs. Aujourd'hui, un représentant de l’État, comme ce fut le cas du Préfet de Var, encore récemment, peut féliciter des élus locaux comme ceux de La Seyne, pour la rigueur - pourtant hélas bien souvent impopulaire - à laquelle ils s'astreignent pour gérer intelligemment et préserver le service public ; oui, un représentant de l’État peut saluer les efforts d'une commune comme la nôtre.

Eh bien, Mesdames, Messieurs, les grands financiers n'en ont cure ! Au moment où je vous parle, notre ville est menacée de cessation de paiement faute de prêts. Pourtant, nos budgets sont équilibrés et nos concitoyens payent une contribution fiscale importante. Pourtant, nous avons, les services de l’État le reconnaissent, assaini les finances et réalisé chaque année d'importantes économies.

Mais si on ne nous prête pas - comme c'est le cas de bien des collectivités bien sûr -, c'est parce que nous sommes en difficulté, voilà tout. On ne prête qu'aux riches !

C'est une grande première !

Avec quel aplomb nous dit-on : « Désolé, on ne vous prête pas ! Vous n'êtes pas viables, vous n'êtes pas rentables ! » !

Voilà, Mesdames, Messieurs, comment on traite aujourd'hui les pays, les États, les collectivités ! Les fameux trois A, pour moi, pour nombre de mes collègues élus locaux, ont une seule signification : "Assez, assez, assez !"

Alors, oui, j'ai employé le mot de "paradoxe" apparent. Parce qu'en réalité, embellir, animer, et relancer ce centre historique, c'est l'une des chances de notre commune.

Car cette maison, que nous inaugurons aujourd'hui, est un lieu de culture ouvert.

La bibliothèque de théâtre comptera des milliers de livres, bien sûr, mais elle sera un lieu vivant, avec ses artistes en résidence. Florence Cyrulnik [adjointe à la culture et au patrimoine, intervenant avant moi] l'a largement évoqué, mais il s'agit d'un aspect important à mes yeux pour que j'y revienne.

Ce lieu, fonctionnant en complémentarité avec des structures culturelles comme la Maison du Patrimoine  et de l'Image, la bibliothèque du centre ville, l'école des Beaux-Arts ou le Conservatoire de Musique, et, je l’espère, le monde associatif culturel intense de notre ville, vise à créer en centre ville un pôle d'attractivité culturelle.

Un pôle répondant aux besoins de publics variés : enseignants et publics scolaires, compagnies de théâtre, amateurs et professionnels, élèves du conservatoire, grand public... Et j'y insiste : la Proximité du Théâtre Liberté à Toulon, du pôle national des arts du cirque aux Sablettes, tout cela attirera un public de chercheurs, d'écrivains, de metteurs en scène, cherchant matière et références.

C’est tout l’intérêt de La Bibliothèque de Théâtre "Armand Gatti". On l’a vu, elle a été créée en 2000 et elle renaît ici à La Seyne.

C’est une bibliothèque associative de prêt, de consultation et de conservation, créée par la compagnie "Orphéon Théâtre intérieur".

Équipement culturel unique dans le Var et le Rectorat de Nice (la bibliothèque a développé un partenariat avec l’Éducation nationale), la bibliothèque est la maison des auteurs de théâtre, des compagnies de théâtre professionnelles et amateurs.

Alors, permettez-moi de remercier les collectivités et institutions partenaires de cette réhabilitation, et ceux qui participeront à son fonctionnement : l'Europe, l'État, la Région, le Département...

Je tiens également à saluer le travail que mènent mes collègues élus, en particulier Florence Cyrulnik, qui s'est battue avec passion pour ce projet, mais aussi Claude Astore, Rachid Maziane, ainsi que toutes les équipes de la Ville, qui font un boulot remarquable. Et je salue aussi l'excellent travail de la SAGEM, des entreprises, et bien sûr de l'architecte Véronique Wood, qui dirige cela avec talent !

Ce lieu, que nous inaugurons avec vous aujourd'hui, Armand Gatti,- et je vous remercie sincèrement, au nom des Seynois, de votre présence -, portait déjà votre nom, depuis 2000, le voici donc nommé à nouveau.

Je ne vais pas faire semblant : je ne suis ni un lecteur ni un spectateur assidu de théâtre. Je sais... ce n'est pas bien. Mais en tout cas, je sais à quel point l'homme et l'artiste que vous êtes, la vie, la destinée et les choix qui ont été et sont les vôtres, illustrent à quel point la culture ne doit pas être un sanctuaire coupé de la vie.

Je sais que, pour vous, l'écriture et le théâtre sont des actes ; des actes de vie, de lutte, de résistance et de conquête pour les humains que nous sommes !

Je parlais de paradoxe apparent. Il n'est qu'apparent, c'est certain, car en réalité, le développement d'une société, d'une ville, l'occurrence, et d'un quartier, est à la fois culturel ET social.

Indissociablement.

Donc nous sommes fiers d'avoir ouvert ce lieu vivant d'écriture, de parole, de théâtre, ce lieu de rencontres et d'échanges, un lieu ouvert sur l'agglomération et au-delà, mais aussi sur le quartier : nous y tenons beaucoup, et je m'adresse à vous, Madame Françoise Trompette, dont je veux aussi saluer le talent et l'obstination, ainsi que touts les membres de votre association, de votre compagnie, pour que cette ouverture soit une vraie réalité.

Voilà, pour conclure, je dirai ceci :

il est bon, il est très bon qu'à quelques encablures d'ici, de l'autre côté de la rade, ait été construit le Théâtre Liberté, qui tire son nom, comme chacun sait, de la place éponyme.

Et il est tout aussi bon. Très bon. Et très rassurant, finalement, et enthousiasmant, qu'ici, de ce côté-ci de la rade, à La Seyne, nous ayons désormais fait toute la place à... la liberté du théâtre !

 

(j'ai piqué la photo d'Armand Gatti sur le site d'un photographe italien, Danilo De Marco. J'espère qu'il me pardonnera)

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités

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