30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 06:32

Ne nous réjouissons pas trop vite. Et ne relâchons pas notre vigilance. Tous les spécialistes expliquent que nous ne sommes pas à l'abri d'un regain de la pandémie. Mais, pour l'heure, divers indicateurs montrent que les Seynois ont plutôt bien respecté les consignes sanitaires et que ça a porté ses fruits.

Entre le début de l'épidémie et ces derniers jours, on dénombre moins de Seynois décédés à La Seyne ou ailleurs que sur la même période en 2019. Et, suivant les avis des médecins du centre de consultation et de test que nous avons ouvert – le tout premier du Var –, nous indiquant que le besoin est désormais éteint, nous avons pris la décision de le fermer, étant prêts à le réactiver si, par malheur, la situation l'exigeait à nouveau.

 

Je tiens à saluer tous ceux, fonctionnaires communaux, médecins et infirmiers de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), qui ont mis en œuvre ce dispositif dès le début de l'épidémie, sous l'égide conjointe de notre maire-adjoint Olivier Andrau et du docteur Wilfrid Guardigli, animateur de la CPTS.

 

DES CONSULTATIONS AUX TESTS, UNE BELLE CAPACITÉ D'ADAPTATION

Ce qui s'est avéré remarquable, ce fut la capacité d'adaptation dont élus, cadres et agents municipaux, médecins et personnels soignants, ont fait preuve. En quelques heures, la commune a trouvé des espaces pour ce centre, les a aménagés, les a élargis lorsque ça s'est avéré nécessaire, et les médecins et les infirmiers se sont organisés et relayés. Lorsque le besoin s'est fait sentir, le centre initialement dédié aux consultations pour « désengorger » les cabinets des médecins de ville et les services hospitaliers, a évolué en espace pouvant réaliser des tests virologiques.

Et tout cela s'est fait sous le patronage de l'Ordre régional des médecins, dans le cadre règlementaire fixé par l'État et l'Agence régionale de santé (ARS), contrairement à telle autre initiative de dépistage qui aurait pu, si nous n'avions saisi pour avis les autorités sanitaires qui nous ont formellement signifié leur désaccord, placer son promoteur dans une situation délicate.

 

RÉACTIVITÉ, ADAPTABILITÉ, EFFICIENCE

C'est cette capacité d'adaptation rapide et efficace qui, en situation de crise, est une nécessité absolue. C'est ce à quoi nous nous efforçons, chaque jour, du petit matin à la nuit, depuis de longues semaines.

N'aurions-nous pas pris des risques de transmission du virus si nous n'avions pas tiré la leçon des expériences d'autres, livrés plus tôt en masques que La Seyne ne le fut, ayant connu de longues files d'attente pour la distribution de ceux-ci, et décidé d'une livraison individualisée à domicile du maximum de protections, réduisant ainsi l'effet de cohue des points collectifs de remise ?

N'aurions-nous pas connu, comme beaucoup de communes fragiles ces dernières semaines, des violences urbaines de la part de jeunes gens désœuvrés, si nous n'avions déployé dans les rues de nos quartiers nos animateurs municipaux et leurs collègues des associations, pour des « maraudes » leur permettant d'aller à la rencontre des jeunes et apaiser les tensions ?

N'aurions-nous pas vécu, comme c'est le cas en certains endroits du pays, des situations sociales dramatiques si, constatant très vite les funestes effets conjugués de la fermeture de la restauration scolaire et de la perte brutale de revenus de familles déjà pauvres, nous n'avions « dévoyé » des moyens communaux financiers, logistiques et humains de leur destination ordinaire pour venir en soutien des associations caritatives et solidaires assurant la fourniture de produits de première nécessité ?

 

DOGME STATUTAIRE ET AJUSTEMENT SOLIDAIRE PROVISOIRE AUX BESOINS SOCIAUX 

La nouvelle phase de déconfinement prévue pour début juin va probablement entrainer un retour à l'école d'un nombre significatif d'enfants. Avec la diminution du chômage partiel aidé par l'État et les nécessités des entreprises, beaucoup de parents vont reprendre le chemin du travail. Au-delà de celle des acquisitions scolaires, la question de la garde des enfants va être prégnante dans les prochains jours.

Comme la plupart des maires, je me suis refusé à fragiliser le service public de l'Éducation nationale en ouvrant des sortes de « centres de loisirs » pour accueillir en temps scolaire, en parallèle à l'école, les élèves qui, faute de place, n'auraient pas pu être reçus dans les établissements scolaires qui n'acceptent que des groupes restreints d'enfants pour éviter les contaminations. Tant que les capacités maximales d'accueil des écoles (15 élèves par classe en élémentaire et 10 en maternelle) ne seront pas atteintes, je m'en tiendrai à cette posture : dans notre République, ce n'est pas à une collectivité locale d'assurer la mission fondamentale régalienne de l'État qu'est l'Éducation. Elle n'en a ni les moyens ni, surtout, les compétences. Chacun son métier. Ce n'est pas pour rien que les enseignants défendent, à juste titre, leur statut découlant de leur formation et de leur qualification.

Mais un maire a aussi un devoir social. Si, dans les jours à venir, les capacités des écoles étaient atteintes, j'ai donné instruction à nos services de se mobiliser pour ouvrir des espaces adaptés pour que les enfants puissent y être accueillis. Mais on ne va pas se mentir et laisser croire à quiconque que ça remplacera la fonction instructrice et émancipatrice de l'École. Ce sera du « loisir socio-éducatif, sportif ou culturel », certes éducatif, mais correspondant aux savoir-faire et aux qualifications des personnels communaux qui y seront affectés. L'objectif sera seulement d'éviter d'aggraver la situation sociale de familles qui ont plus que jamais besoin de revenus, donc de reprendre une activité professionnelle. Et ce ne peut être que provisoire, dans le strict cadre conjoncturel de la période.

Mais ça ne pourra se faire que dans la limite des capacités de nos espaces communaux agréés pour l'accueil de mineurs. Chacun comprendra que, avec ses capacités limitées du fait du protocole sanitaire, l'École ne peut recevoir au mieux qu'environ la moitié des 5800 enfants seynois inscrits en primaire, ce qui supposerait que l'autre moitié le soit par la Ville. C'est impossible : nous ne disposons pas assez d'espaces adaptés et de personnels qualifiés pour recevoir plus de 2000 enfants ! Il appartiendra donc à l'Éducation nationale, seule compétente pour évaluer les besoins éducatifs, de définir les priorités : qui, des enfants dont les parents travaillent, ira à l'école, fût-ce à temps partiel, qui sera reçu dans ces autres lieux, et qui, malheureusement, n'aura pas de solution.

Et ajustement provisoire pour cause sociale ne signifie pas baisse de vigilance sur l'immuabilité des principes fondateurs de l'école républicaine...

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Marc VUILLEMOT


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