3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 04:52

Voilà sept années que l'inquiétude gagnait les populations de l'ouest Var avec les annonces de la fermeture possible de la maternité de notre hôpital seynois George-Sand. On connaît la suite et le funeste dénouement.

Malgré des mois de mobilisation des quelque 200.000 habitants de nos communes, depuis les quartiers occidentaux de Toulon jusqu'aux portes de Saint-Cyr, un engagement sans faille de la plupart de leurs élus, toutes tendances confondues, la remise au ministère de la santé d'une pétition comportant plusieurs dizaines de milliers de signatures au terme d'un périple de 1.000 kilomètres à vélo, le rouleau compresseur du démantèlement de l'offre de santé publique, piloté tour à tour par les gouvernements de droite et de gauche, avait achevé sa sinistre besogne de laminage. La plus importante maternité du Var, avec ses 1.500 naissances annuelles, fermait définitivement ses portes au printemps 2012. Triste début du quinquennat de M. Hollande et de son intraitable ministre Touraine, lesquels étaient venus, quelques mois auparavant, jurer que, la gauche élue, « il y aurait toujours, ici, des accouchements »...

Peut-être les choses auraient-elles tourné autrement si le management d'une main de fer des équipes médicales par une direction inflexible et menaçante n'avait, ainsi que nous le racontaient des fonctionnaires hospitaliers sous le sceau de l'anonymat, empêché la mobilisation à nos côtés des personnels de notre établissement de santé, peu aidés, il est vrai, par le syndicat majoritaire au Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS).

 

DES PATIENTS QUI ATTENDENT JUSQU'À 10 HEURES SUR UN BRANCARD...

Il ne faudrait pas que l'histoire se répète en cette année 2018. Beaucoup de nos concitoyens l'ignorent, mais les services des urgences du CHITS, notamment à l'hôpital Sainte-Musse, vont très mal. Ils l'ignorent parce que, malgré deux mois de grève, leurs agents, avec leur responsabilité, leur humanité et leur sens de la déontologie, font que la prise en charge des patients en urgence est naturellement assurée.

Assurée, mais dans quelles conditions ? Et ce n'est pas dû à la grève ! Malgré les changements de gouvernements, les sinistres politiques publiques de santé se suivent et se ressemblent. Les hospitaliers n'ont plus les moyens de remplir leurs missions comme ils le devraient. Il suffit d'aller jeter un coup d'oeil dans nos services d'urgences de La Seyne et de Toulon-Sainte-Musse. Aux urgences toulonnaises, vers lesquelles sont orientées nombre de patients pris en charge même s'ils résident ou ont été victimes d'un accident dans l'ouest de la métropole, des personnes de tous âges attendent parfois dix heures sur des brancards, sans manger ni boire, sans pouvoir se rendre aux toilettes, sans être écoutées ni entendues, malgré la souffrance.

Comment peut-il en être autrement quand la direction — inchangée depuis « le coup de la maternité » — et le bras armé de l'État qu'est l'Agence régionale de santé (ARS) font la sourde oreille aux demandes de moyens humains que réclament à cor et à cri les hospitaliers en détresse ?

 

UNE VISION COMPTABLE QUI... NE COMPTE PAS L'ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE

Il faut le savoir, Sainte-Musse a ouvert ses portes en 2012 sur des plans et un projet d'activité de 2002. De 2002 à 2016, la population de l'aire toulonnaise a crû de 10%, avec près de 40.000 habitants supplémentaires. Et nous sommes dans le Var, premier département touristique de France, qui enregistre chaque année 65 millions de nuitées, dont 20 millions dans notre métropole pour 3,5 millions de visiteurs...

En 2009, a été promulguée le « loi Bachelot », celle à propos de laquelle un député a indiqué : « Nous sommes en révolte parce que nous croyons que le pouvoir qu'ont les médecins de proposer un projet médical pour l'hôpital ne leur appartiendra pas : ce sera le directeur qui l'aura, avec une vision uniquement comptable ». Et ce dangereux révolté, c'était... Bernard Debré, alors député UMP (aujourd'hui LR) de Paris...

Il voyait juste. Sainte-Musse, devenant « hôpital référent », a vu sa fréquentation croître de 33% la première année, puis de 5 à 7% chaque année. Et cela... à moyens constants ! D'inacceptable, c'est devenu impossible. Les agents hospitaliers réclament à bon droit la création d'une quinzaine de postes d'infirmiers, aides-soignants et brancardiers. Pour un coût évalué à seulement... 0,3% de la masse salariale ! On le leur refuse depuis des années, hormis six misérables créations de postes, prévues depuis longtemps. Et même après deux mois de grève.

 

NOUS, ÉLUS LOCAUX ET PARLEMENTAIRES, NE POUVONS PLUS NE RIEN DIRE !

Plusieurs des maires et parlementaires de notre métropole ont écouté, comme je l'ai encore fait ces jours derniers, les explications des personnels, vérifié, questionné, croisé les chiffres. La réalité est bien là. Ça ne peut pas durer.

La réponse de la ministre de la santé à la question posée par la députée varoise LaREM Cécile Muschotti peut se résumer à... « Circulez, il n'y a rien à voir ».

Il nous appartient, si besoin avec le concours de nos populations, sans nous immiscer dans la démarche des personnels, mais en l'accompagnant notre niveau d'élus soucieux de l'offre de santé pour nos concitoyens et nos nombreux visiteurs, comme nous l'avons fait en 2011-2012 pour notre maternité ou plus récemment pour les risques encourus par la clinique Malartic, de nous mettre en mouvement pour que la situation évolue positivement. Et vite.

En conjuguant les efforts des personnels et les nôtres, nous aurons plus de chances d'aboutir.

 

Note : j'ai « dérobé » la photo du couloir des urgences sur le site du quotidien Var-matin. Je peux la retirer si ça pose problème, bien sûr.

Partager cet article

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité

Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

À propos de moi...

> Ma bio, vue par un copain...

> Ma généalogie sur geneanet

 

 

L'ACTION DES COPAINS

LE BLOG DES ÉLUS SEYNOIS DES GAUCHES ET DE L'ÉCOLOGIE
LE SITE DE MANON AUBRY, DÉPUTÉE EUROPÉENNE VAROISE

ET MES ENGAGEMENTS

CLIQUEZ SUR LA BANNIÈRE
LA CHAINE YOUTUBE DE GRS
LA PAGE FB DE GRS-Var
LE BULLETIN DE GRS-LA SEYNE

 

12 ANS POUR & AVEC LES SEYNOIS

NOTRE BILAN 2008-2020

CLIQUEZ SUR L'IMAGE