17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 09:04

Pendant cinq décennies, la France n'a pas réussi à reconnaître que, sous le gouvernement de Pierre Laval, elle a pris sa sinistre part dans la déportation des juifs du pays vers les camps d'extermination nazis. Elle s'est grandie, depuis, en décidant de commémorer, chaque dimanche proche du 16 juillet, la mémoire des victimes de la "solution finale" et honorer les "Justes parmi les nations, ces "gens comme tout le monde" qui, au péril de leur vie, en ont aidé des milliers de juifs à échapper à l'enfer et la mort.

Le discours que j'ai prononcé ce dimanche matin devant la sculpture à leur mémoire érigée sur notre Parc de la Navale...

 

« Nous voici une fois encore réunis devant ce monument original et émouvant, inauguré il y a cinq ans, sur la proposition du fils d'un Juste seynois, Roland Huillet, pour honorer la mémoire des victimes d’une idéologie raciste qui conduisit à l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, mais aussi honorer celle de ceux qui tentèrent, et réussirent, la sauvegarde de certains d’entre eux impitoyablement pourchassés.

« Des crimes, au nom de la race, de la religion, de la différence, sont encore perpétrés de par le monde, dans des situations de guerre, ou pas. L’actualité de ces derniers mois a malheureusement illustré à plusieurs reprises cette dure réalité.

« Inlassablement, le travail éducatif, citoyen et humaniste, est à remettre sur le métier. Et notre mémoire à entretenir.

« Le combat est à mener à la fois dans les consciences et dans les traditions. Dans les traditions, parce qu’il ne faut pas se tromper : la protection des droits des minorités est, aussi, le droit de s’émanciper de son origine, de se retirer sans dommage dans l’oubli des solidarités claniques ou familiales.

« Il faut tout à la fois protéger les minorités des discriminations qui les frappent, et protéger les personnes privées des intimidations du groupe. Il faut aussi lutter pour que les représentants des institutions soient responsables et irréprochables et que les populations ne sombrent pas dans la barbarie vengeresse. Il en va de la démocratie et de l'humanité.

« Le 18 janvier 1945, les troupes soviétiques entraient dans le camp d'Auschwitz-Birkenau. Leurs images, reconstituées, décillèrent les yeux. Pourtant, rappelle Elie Wiesel, "Churchill savait, Truman savait, le pape savait…". C’est aussi la mémoire de l’auteur de "La Nuit", récemment disparu, que nous honorons cette année.

« En France, on prit tardivement conscience de ce qui s’était joué lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver. En juillet 1995, Jacques Chirac, Président de la République, s'honorait en reconnaissant le rôle de l'administration française dans la déportation des juifs en France. Le 18 janvier 2007, le même, accompagné de Simone Veil, inaugurait au Panthéon une plaque commémorative :

« "Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés "Justes parmi les nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité." »

« En rendant hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français, nous rendons justice à cette République que nous aimons.

« Ils nous ont enseigné qu’il faut lutter, sans relâche ; lutter pour la préservation de l’esprit critique ; lutter pour la liberté de penser. Aussi, je suis très heureux de l’initiative de ces jeunes qui, avec leurs animateurs du Service Municipal de la Jeunesse, ont souhaité prendre une part active à cet hommage. Ils montrent que la compréhension est un partage. Et merci aussi à Jean Huillet, Christian Pichard et Stéphane Durban, qui ont travaillé pour revoir la tenue de cette cérémonie, et continueront à la parfaire pour les années à venir.

« Et donc, par leurs actions désintéressées, les Justes nous ont enseigné que, même dans la plus grande adversité, alors même que le désespoir envahit les âmes, la moindre action positive, si ténue et insignifiante soit-elle sur l’instant, sera réconfortante plus tard.

« Puisse la mémoire de leurs actes guider les nôtres d'aujourd'hui. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Mémoire et patrimoine seynois

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Marc VUILLEMOT
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