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UN SYMBOLE : LE STATIONNEMENT REMUNICIPALISÉ

 

Au nombre des services publics locaux, le stationnement en centre-ville, en particulier, est un exemple d'une démarche vertueuse. Petit rappel historique...

 

En 2007, nos prédécesseurs avaient décidé de s'attaquer au problème du stationnement dans le centre ville. C'était une bonne chose, car le sujet est complexe, mais déterminant pour la qualité de vie d'un quartier qui se paupérise, pour l'activité commerçante, pour l'image et la promotion de la ville historique.

 

Ils avaient décidé de trois programmes, sur lesquels il n'y avait rien à dire : la réfection du parking municipal Martini, qui en avait bien besoin ; la construction d'un parking à étages sur la place des Esplageolles déjà dédiée au stationnement ; et la construction d'un nouveau parc sur le site des chantiers navals. C'était logique et bien pensé. Vu l'état des finances de la ville, déjà inquiétant, il a opté pour confier la construction des deux nouveaux parkings à une société privée, Omniparc, qui en contrepartie du fait qu'elle paierait la construction des parkings, pourrait ensuite les exploiter, rentrer dans ses frais, et, naturellement, réaliser ensuite des bénéfices grâce à son investissement.

 

Ça pouvait s'entendre. Beaucoup de maires, de droite comme de gauche, procèdent ainsi. Il ne faut pas être doctrinaire du « tout public » si les circonstances de gestion l'exigent.

 

Où, avec la minorité municipale de l'époque, nous avons été plus perplexes, c'est lorsque nous avons appris que la ville faisait aussi un cadeau à cette entreprise : le parking Martini, construit dans les années 70, qu'il fallait bien sûr rénover, mais pour un coût que nous estimions de l'ordre de 2 à 3 millions d'euros, tout à fait supportable par le budget de la commune. Avec ce petit investissement, Omniparc allait vite pouvoir engranger des jolies sommes !

 

Mais il y avait aussi une cerise sur le gâteau, et, là, nous n'étions plus d'accord du tout. La ville décidait également d'offrir à la société délégataire plus de 1000 places de surface, le long de toutes les rues du centre et le petit parking du Parc de la Navale. C'est-à-dire que toutes les places du centre-ville, sauf une dizaine d'arrêts-minute, allaient devenir payantes ! Belle affaire pour Omniparc et sale coup pour les usagers !

 

Et, myrtille sur la cerise du gâteau, si l'on peut dire, la ville avait l'obligation de faire assurer le contrôle du stationnement par la police municipale ! Les trois quarts des voitures devaient, soit afficher qu'elles avaient bien payé, soit être verbalisées, faute de quoi la commune devait payer des pénalités à la société privée ! Il y avait bien une infime contrepartie : Omniparc versait 50000 euros par an à la ville pour qu'elle remplisse cette mission... soit l'équivalent des salaires de deux agents... alors qu'il en fallait plus de dix pour assurer cette surveillance ! Ça faisait beaucoup.

 

En clair : c'était tout bénéfice pour cette entreprise privée, pour la durée maximale autorisée par la Loi d'alors, soit 32 ans, avec un investissement de l'ordre de 15 millions d'euros qui devait lui en rapporter... 33, ce qui représentait une belle affaire ! Comment avait-on pu imaginer un tel montage, totalement défavorable à nos concitoyens ? Les élus minoritaires que nous étions à l'époque n'avions pas suivi la proposition du maire. Et nous nous étions engagés, si nous revenions aux affaires, à tout faire pour essayer, sinon de dénoncer le contrat, ce qui nous paraissait tout de même difficile car il aurait fallu verser des sommes importantes de dédommagement, du moins de le renégocier pour le rendre plus acceptable.

 

Ce fut l'un des premiers chantiers que nous avons ouverts. Il fallait donc négocier avec Omniparc pour tenter de corriger le plus possible d'effets néfastes du contrat : revenir à la première heure gratuite au parking Martini, ou obtenir des abonnements avantageux pour un stationnement de courte durée pour les parents des élèves des écoles voisines venant déposer leurs enfants, ou réduire le nombre de places payantes sur la voirie communale, ou installer une caisse avec carte bancaire.

 

Les discussions ont été âpres et difficiles et nos gains n'apparaissaient pas évidents. Pendant ce temps, l'entreprise, qui avait été rachetée par le groupe Q-Park, réhabilitait (très bien, d'ailleurs) le parking Martini et commençait les travaux du parking des Esplageolles. Et, surprise, pour une raison que nous ne nous expliquons toujours pas vraiment aujourd'hui, la société délégataire arrêtait ce dernier chantier, sans en informer la ville et sans donner d'explication !

 

C'était là une faute qui ouvrait une brèche dans nos négociations compliquées et pouvait donner l'avantage à la ville. Deux solutions s'offraient à nous. Ou bien entreprendre une démarche de contentieux qui aurait probablement donné raison à la commune mais qui l'aurait contrainte à constituer une provision (de l'ordre de 10 millions d'euros) au cas où la justice lui aurait donné tort, afin d'indemniser la partie adverse. Ou bien négocier avec Q-Park une sortie amiable du contrat. Nous avons opté pour la deuxième voie.

 

Et bien nous en a pris car, au terme de longs mois de discussions... le « divorce par consentement mutuel » a été décidé, la ville n'a eu aucune indemnité à verser à Q-Park, et a seulement dû rembourser à la société les travaux de rénovation du parking Martini (2,1 millions d'euros), ainsi que les études, frais d'architecte et début des travaux du parking des Esplageolles (1,6 millions d'euros).

 

Nous avons alors créé un comité des usagers du stationnement, regroupant des utilisateurs, des habitants, des parents d'élèves, des commerçants et autres personnes qui travaillent dans le centre historique, des membres des comités d'intérêt local, des conseils de quartiers, des élus, cadres et agents des services communaux, qui s'est chargé d'établir un plan de stationnement, que le conseil municipal a adopté tel quel à la suite de ses travaux, faisant confiance, dans une vraie démarche de démocratie participative, au sérieux qui a présidé à la mission de cette instance citoyenne.

 

Ce comité a imaginé et contrôle la mise en œuvre d'un système conjuguant du stationnement raisonnablement payant avec 400 places au parking Martini, avec un ensemble de tarifs adaptés aux divers besoins et des abonnements aux prix très attractifs, régulièrement plein aux trois-quarts le matin et à moitié l'après-midi, et dont le budget est ainsi quasiment à l'équilibre, mais aussi du stationnement gratuit avec 58 places classées en « zone rouge » limité à une demi-heure, 400 places à durée limitée à 90 minutes en« zone bleue », et plus de 600 places sans limite de durée en immédiate périphérie de l'hypercentre, aucune située à plus de six minutes à pied de tout point du cœur de ville.

 

Le comité a poursuivi son travail en évaluant régulièrement ses propres choix et proposant régulièrement des améliorations, au nombre desquelles le déploiement des zones à durée limitée dans d'autres quartiers, notamment à proximité de commerces, ou en validant le principe de la vidéoverbalisation évoqué plus haut.

 

La gestion des parkings ayant été transférée à la Métropole, celle-ci a maintenu à notre demande le dispositif en place. On ainsi pu à la fois répondre aux besoins des usagers, les préserver d'un stationnement coûteux qui aurait pu les éloigner des commerces et services du centre dont la fragilité n'aurait pas eu besoin de ça, réaliser une économie substantielle pour le budget communal, et faire vivre la démocratie participative.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot

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